Discours sur l’état de l’Union européenne 2026
Le 16 septembre 2026, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a prononcé son discours sur l’état de l’Union européenne devant les députés du Parlement européen, réunis en session plénière à Strasbourg.
Pendant plus d’une heure, la présidente de la Commission européenne a ainsi fait le bilan de l’année passée, et annoncé les grandes priorités pour les mois à venir, en abordant des sujets aussi divers que l’énergie, le commerce, le changement climatique, la sécurité et la défense, le numérique, la migration ou encore le logement.
Dans son discours, Ursula von der Leyen a évoqué le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) de l’UE, pour la période 2028-2034, dont les priorités et les modalités de fonctionnement sont en cours de négociations à Bruxelles.
Dans le contexte des négociations entre les Etats membres et au Parlement européen concernant le CFP 2028-2034, la présidente de la Commission a principalement insisté sur la nécessité de mettre en place de nouvelles ressources propres pour alimenter le budget européen, afin de pouvoir financer toutes les priorités de l’UE sans peser davantage sur les contributions des Etats membres. Elle a également rappelé l’importance de la conditionnalité des fonds européens au respect de l’Etat de droit et des droits fondamentaux.
Le « droit de rester »
Ursula von der Leyen a insisté dans son discours sur l’importance du « droit de rester », élevé en priorité européenne afin de faire face aux défis démographiques dans de nombreuses régions. Le concept de « droit de rester » a été introduit par le rapport Letta sur l’avenir du marché unique européen en 2024. Dans ce rapport, l’ancien premier ministre italien Enrico Letta souligne que face au déclin économique, industriel et démographique de nombreux territoires dans l’UE, le « droit de rester » doit être pensé comme complémentaire avec la liberté de circulation offerte par le marché intérieur européen. Les citoyens européens devraient ainsi avoir le choix de vivre où ils le souhaitent en Europe, ce qui nécessite d’importants investissements dans les territoires, afin de garantir les opportunités d’emploi, de logement, et les services de santé, de transport, etc. La Commission européenne entend désormais faire du « droit de rester » une priorité transversale de ses politiques, et une stratégie sur le droit de rester est attendue en janvier 2027.
Le changement climatique, point de bascule de notre époque
Au cours de son allocution, la présidente de la Commission européenne a insisté sur les enjeux liés au changement climatique. A la suite des nombreuses catastrophes – vagues de chaleur, incendies, sécheresses – survenues cet été, et de leurs conséquences, elle a appelé à maintenir le cap pour atteindre les objectifs climatiques de l’UE et améliorer les capacités d’adaptation et de résilience de l’Europe. Pour cela, elle présentera fin octobre un cadre européen pour la résilience climatique, qui identifiera 100 territoires vulnérables dans l’UE, pour lesquels une évaluation approfondie des risques et des solutions d’adaptation sera réalisée. La cheffe de l’exécutif a également appelé l’UE à se positionner comme championne des technologies d’adaptation au niveau mondial, pour devenir un leader sur ce marché émergent. Elle prévoit un plan européen pour faire face aux vagues de chaleur, et une initiative sur l’eau – pour réduire les pertes dans les réseaux, notamment – dans les mois à venir.
Dans son discours, Ursula von der Leyen a également évoqué les priorités récurrentes de l’UE : la relance de l’économie, la croissance et la compétitivité européennes et le travail de simplification des législations, l’autonomie stratégique et énergétique, le développement des technologies numériques, l’industrie de la défense et le soutien à l’Ukraine. Enfin, en présence de Mark Carney, premier ministre du Canada, elle a insisté sur l’importance des liens avec les pays partageant les valeurs de l’UE, en ouvrant la porte à ce que le pays devienne « membre associé » de l’UE, un statut inédit et à définir.