Le 22 avril, la DG MOVE de la Commission européenne organisait un séminaire dédié au renforcement des liaisons maritimes post-Brexit entre l’Irlande et l’UE

Le 1er février 2020, le Royaume-Uni quittait officiellement l’UE. S’ouvrait alors une période de transition, qui s’est conclue le 31 décembre 2020. Le 1er janvier 2021, les contrôles aux frontières pour les marchandises en provenance du Royaume-Uni ont été rétablis à l’entrée de l’UE.

Afin d’éviter les délais liés au rétablissement de ces contrôles, de nombreux opérateurs irlandais ont choisi de privilégier depuis lors les liaisons maritimes directes vers l’UE, au détriment du landbridge, la voie principalement terrestre permettant de relier l’Irlande au continent européen via la Grande-Bretagne.

Dans ce contexte, la Direction générale de la Commission européenne en charge des transports (DG MOVE) a organisé le 22 avril dernier un séminaire online avec les principaux acteurs concernés, autorités portuaires, compagnies maritimes, transporteurs et représentants d’entreprises irlandaises. Il s’agissait d’évaluer au mieux le développement de ces liaisons maritimes directes entre l’Irlande et l’UE, qui peuvent avoir pour conséquence des besoins importants en investissements dans les ports concernés, même si des incertitudes demeurent aujourd’hui quant à la poursuite dans le temps du développement de ces routes maritimes.

Philippe Deiss, le directeur général de Ports de Normandie, était l’un des intervenants : il a exposé la situation du port de Cherbourg, qui a vu depuis le début de l’année 2021 un fort accroissement des liaisons avec les ports irlandais de Dublin et Rosslare : Cherbourg est aujourd’hui le premier port français pour l’Irlande, desservi par trois compagnies maritimes, avec jusqu’à 3 départs par jour pour des ferries de forte capacité. Depuis le début de l’année 2021, le trafic entre Cherbourg et l’Irlande a été multiplié par trois. L’objectif des autorités portuaires est donc de pouvoir assurer dans la durée la fluidité de ce trafic de marchandises.

Ce séminaire de la DG MOVE s’inscrit dans le contexte de la révision du règlement relatif au réseau transeuropéen de transport, qui définit les principaux corridors multimodaux de trafic dans l’UE, qui bénéficient pour leurs infrastructures d’un soutien financier prioritaire via le mécanisme pour l’interconnexion de l’Europe. Ainsi, la révision de la définition des autoroutes de la mer, ces liaisons maritimes entre au moins deux ports de deux Etats membres de l’UE, pourrait permettre d’assurer au port de Cherbourg des financements européens supplémentaires. La proposition de révision du règlement relatif au RTE-T doit être publiée par la Commission européenne à l’automne.