Virginijus Sinkevicius, Commissaire européen en charge de l’environnement, de la pêche et des océans, s’est rendu dans la Manche les 7 et 8 septembre

Fidèle à la promesse faite au Président de la Région Normandie Hervé Morin lors de leur entrevue à Bruxelles fin janvier 2020, le Commissaire Sinkevicius est venu en Normandie les 7 et 8 septembre derniers. L’un des objectifs principaux de ce déplacement était de permettre aux pêcheurs normands de faire part au Commissaire de leurs craintes liées au Brexit, dans le contexte actuel d’inquiétude quant à l’issue des négociations entre Européens et Britanniques sur leurs relations futures. Après une visite très matinale de la criée de Cherbourg le 8 septembre, un temps d’échange entre des représentants des pêcheurs normands et le Commissaire européen a pu avoir lieu. Les pêcheurs ont rappelé qu’il existait une tradition pluri-centenaire de pêche dans les eaux territoriales britanniques, et ont exprimé leur inquiétude quant à l’éventualité d’une absence d’accord avec le Royaume-Uni à l’issue de la période de transition, qui pourrait conduire les Britanniques à fermer l’accès à leurs eaux territoriales. Plus de la moitié des bateaux normands pêchent aujourd’hui dans ces eaux, grâce auxquelles certains navires hauturiers normands réalisent plus de 70% de leur chiffre d’affaires. L’interdiction de pêche dans les eaux britanniques conduirait à reporter l’effort de pêche dans les eaux françaises de la Manche, avec un risque de surpêche et de conflit avec les pêcheurs d’autres Etats membres (les Pays-Bas notamment). Les pêcheurs ont également évoqué leurs craintes quant à l’avenir du Traité de la Baie de Granville, conclu en 2000, qui règlemente l’accès des pêcheurs français aux eaux territoriales de Jersey.

Le Commissaire a rappelé que le maintien de l’accès aux eaux britanniques était pour les négociateurs européens un sujet central, et qu’aucun accord global de libre-échange entre l’UE et le Royaume-Uni ne pourrait être conclu sans un accord sur la pêche. Les négociations sont actuellement encore en cours, mais devraient se conclure d’ici la mi- ou la fin octobre, pour permettre la ratification d’un éventuel accord avant la fin de l’année 2020.

D’autres sujets ont pu être abordés lors de ce temps d’échange, comme le développement de l’aquaculture, l’inquiétude quant à la présence dans la Manche de certains chalutiers géants, ou encore le futur Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP<p>Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche</p> ) 2021-2027. Ce dernier offrira un soutien financier pour la modernisation de la flotte, à la condition de ne pas augmenter l’effort de pêche.

La Région Normandie a souhaité également profiter de la présence du Commissaire pour valoriser ses atouts dans le domaine des énergies marines renouvelables, secteur qui va contribuer à l’atteinte des objectifs du Pacte Vert européen (neutralité climatique de l’UE à l’horizon 2050). Ainsi, le Commissaire Sinkevicius a pu visiter l’usine LM Wind (fabrication de pales d’éoliennes off shore) et s’est également vu présenter Normandie Hydroliennes, co-entreprise qui regroupe la société Simec Atlantis Energy, l’entreprise Efinor et le fonds Normandie Participations. Normandie Hydroliennes doit implanter dans le Raz Blanchard au large de Cherbourg une ferme pilote hydrolienne. Normandie Hydroliennes est l’un des partenaires du projet Interreg TIGER dédié à l’énergie hydrolienne. TIGER (30 millions € de FEDER<p>Fonds européen de développement régional</p> ) est le projet Interreg le plus important jamais financé. Le Commissaire Sinkevicius a confirmé tout l’intérêt de l’UE pour le développement de l’énergie hydrolienne.

Le Commissaire Sinkevicius a terminé son séjour en Normandie par un échange à la Cité de la Mer de Cherbourg avec les membres du GIEC normand, qui sont en train d’achever un diagnostic sur les impacts du changement climatique en Normandie, préalable à un plan d’actions qui sera établi dans le cadre d’un large partenariat régional.