Les 21 et 22 mars, les Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne (UE) se sont réunis à Bruxelles pour décider des prochaines étapes du Brexit.

Après deux rejets de l’accord de retrait du Royaume-Uni de l’UE par le Parlement britannique, les 15 janvier et 12 mars, les dirigeants européens se sont rencontrés à Bruxelles dans le cadre d’un Sommet européen afin de décider de la marche à suivre pour le Brexit. Le 20 mars, par le biais d’une lettre envoyée au Président du Conseil européen Donald TUSK, la Première Ministre britannique Theresa MAY avait notifié sa demande d’une extension de l’Article 50 du Traité sur l’Union européenne jusqu’au 30 juin afin d’obtenir un vote positif sur l’accord de retrait à la Chambre des Communes.

C’est après un long débat que les 27 se sont mis d’accord sur une démarche en deux temps. Le Conseil européen accepte de proroger la date de sortie du pays au 22 mai 2019, à condition que la Première Ministre britannique Theresa MAY parvienne à faire adopter par son Parlement avant le vendredi 29 mars l’accord de retrait négocié en novembre 2018 et sur lequel les Chefs d’Etats européens ne sont pas prêts à revenir. Dans le cas contraire, le Royaume-Uni aura jusqu’au 12 avril pour indiquer au Conseil européen s’il souhaite une sortie sans accord ou une extension supplémentaire de la date de retrait, à condition qu’il accepte de participer aux élections européennes.

Les élections européennes de mai sont en effet un élément crucial de ces négociations. Theresa MAY a affirmé à plusieurs reprises qu’elle ne souhaitait pas que les Britanniques aient à élire des députés européens presque trois ans après avoir voté en faveur de la sortie du pays de l’UE. La participation ou non des Britanniques aux élections de mai doit être déterminée par le gouvernement du pays d’ici le 12 avril, si d’ici là l’accord de retrait est de nouveau rejeté. Leur participation aux élections est la condition d’un report plus long. Si le Royaume-Uni ne souhaite pas participer aux élections, il devra forcément sortir de l’UE le 22 mai au plus tard. Cette date correspond à la veille des premiers votes dans l’Union.

Les cartes sont aujourd’hui entre les mains des Britanniques. Dans le cas d’un No Deal, les Européens ont préparé toutes les mesures possibles afin d’assurer une certaine continuité dans les secteurs clé afin que le basculement du Royaume-Uni vers le statut de pays tiers soit le moins brutal possible.

Un règlement proposé par la Commission européenne permettrait aux Britanniques de continuer à bénéficier des fonds européens jusqu’à la fin de l’année 2019 moyennant le maintien de leur contribution au budget de l’UE. Ce texte est négocié unilatéralement du côté européen. Il ne pourra pas être étendu au-delà du 31 décembre 2020, date de fin du Cadre Financier Pluriannuel actuel.

De l’autre côté de la Manche, les citoyens se mobilisent en masse. En effet, plus d’un million de personnes ont manifesté dans les rues de Londres samedi 23 mars pour réclamer un second référendum. De plus, une pétition a été lancée sur le site du Parlement britannique le 20 mars demandant la révocation de l’Article 50 et ainsi l’annulation du Brexit. Au matin du mercredi 27 mars, elle comptait plus de 5 800 000 signatures. Cependant, le gouvernement britannique y a répondu en affirmant qu’il ne reviendrait pas sur la sortie du pays de l’UE en faveur de laquelle 17 millions de Britanniques ont voté en juin 2016. De plus, les parlementaires britanniques en faveur d’un second référendum sont loin d’être d’accord sur la question à poser.  

L’absence de majorité au sein du Parlement britannique fait toujours obstacle au vote de l’accord de retrait. Par rapport au vote du 12 mars dernier, Theresa MAY doit encore convaincre 85 parlementaires pour que l’accord soit adopté. Les prochains jours seront déterminants quant à la tournure que prendra la sortie du Royaume-Uni de l’UE.