« Construire le monde dans lequel nous voulons vivre : une Union pleine de vitalité dans un monde d’une grande fragilité»

Le 16 septembre,  la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a prononcé son premier discours annuel sur l’état de l’Union au Parlement européen.

Le discours sur l’état de l’Union est un événement annuel instauré par le Traité de Lisbonne, où le président de la Commission européenne fait le bilan de l’exécutif européen tout en présentant les grandes lignes des futures propositions de la Commission européenne pour l’année à venir. Ce discours est prononcé au mois de septembre devant le Parlement européen réuni en session plénière. À l'origine, le Président de la Commission n'adressait un discours de politique générale qu'au début de son mandat, c'est-à-dire tous les cinq ans.

 

L’agenda de la première année de mandat du nouveau collège des commissaires, installé le 1er décembre 2019, a été fortement bousculé par la pandémie de covid-19. Ursula von der Leyen a commencé par rappeler dans son discours toutes les initiatives prises par l’UE pour faire face à cette situation sans précédent, tant sur le plan sanitaire qu’économique (levée de fonds au niveau mondial pour la recherche vaccinale ; création de voies réservées pour le transport de marchandises pendant la période de fermeture des frontières ; cofinancement des dispositifs nationaux de chômage partiel, assouplissement des règles en matière d’aide d’Etat, etc.). Elle a indiqué que la Conférence pour l’avenir de l’Europe (dont la création a été annoncée en 2019) devra examiner la possibilité de doter l’Union européenne de compétences en matière de santé, dont elle est aujourd’hui dépourvue.

Le discours sur l’état de l’Union a également été l’occasion pour la présidente de la Commission européenne de revenir sur les ambitions de la Commission pour « propulser l’Europe vers l’avenir », et de rappeler que le Pacte vert pour l’Europe, qui vise à faire de l’Europe le premier continent climatiquement neutre à l’horizon 2050, est toujours en haut de l’agenda politique de la Commission. Ursula von der Leyen propose ainsi de porter l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40% à au moins 55% (par rapport au niveau des émissions en 1990) pour 2030. Toute la législation européenne relative au climat et à l’énergie sera révisée d’ici l’été 2021, afin d’être conforme à ce nouvel objectif. 37% du budget de Next Generation EU, l’instrument européen de relance doté de 750 milliards € (NB : que la Commission empruntera sur les marchés financiers), qui entrera en vigueur le 1er janvier 2021, devront être consacrés à des projets répondant aux objectifs du Pacte vert. La présidente de la Commission européenne évoque ainsi le financement de « nouvelles vallées européennes de l’hydrogène », pour moderniser l’industrie ou encore alimenter les véhicules.  

On peut rappeler ici que la Normandie a été la première Région française à obtenir le soutien financier de l’UE pour déployer la mobilité hydrogène à l’échelle de son territoire, via le projet EAS-HyMob, qui a permis de financer l’installation de 9 stations de recharge hydrogène et de faciliter le déploiement de 63 véhicules hydrogène. La Normandie est par ailleurs co-pilote du « Partenariat européen sur les vallées hydrogène », qui regroupe aujourd’hui une quarantaine de collectivités européennes dans une quinzaine d’Etats membres.

 

La présidente Von der Leyen rappelle aussi que les bâtiments génèrent 40% des émissions dans l’UE, et souhaite que les financements européens dédiés à la relance financent une « vague de rénovation européenne ».

Ainsi, les plans de relance nationaux, qui seront en partie financés par l’UE, ne devront pas seulement nous faire sortir de la crise, mais également faire entrer l’Europe dans le monde de demain.

Sur le sujet du Brexit, à l’heure où le gouvernement britannique souhaite pouvoir remettre en cause l’accord de retrait ratifié par le Parlement européen et la Chambre des communes, Mme von der Leyen se montre très claire : il est impossible de modifier unilatéralement, d’ignorer ou de cesser d’appliquer cet accord, qui est un traité international. La confiance est le fondement de tout partenariat solide.

Dans une lettre adressée également le 16 septembre au président du Parlement européen David Sassoli et à la chancelière Merkel (qui préside pour 6 mois le Conseil de l’UE), Ursula von der Leyen liste les principales initiatives que la Commission proposera en 2021. Parmi celles-ci figurent notamment la révision de la directive sur les énergies renouvelables, de la directive sur l’efficacité énergétique et de la directive sur la performance énergétique des bâtiments, le réexamen de la politique de concurrence, ainsi qu’une communication sur une vision à long terme pour les zones rurales.

Pour lire le texte du discours sur l’état de  l’Union : https://ec.europa.eu/info/sites/info/files/soteu_2020_fr.pdf

Pour lire la lettre d’intention au président du Parlement européen et à la chancelière Merkel :

https://ec.europa.eu/info/sites/info/files/state_of_the_union_2020_letter_of_intent_fr.pdf