Le 22 février 2019, une conférence a eu lieu au Comité européen des Régions abordant l’impact économique du Brexit sur les régions européennes.

Malgré le flou qui persiste autour des conditions de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE), une des seules certitudes que semblent avoir les chercheurs est l’impact conséquent qu’elle aura aux niveaux local et régional. Les conclusions de leurs recherches furent présentées lors d’un évènement qui a eu lieu au Comité européen des Régions, rassemblant les Universités de Birmingham, Sheffield, Erasmus (Rotterdam) et Groningue (Pays-Bas).

La sortie du Royaume-Uni de l’UE provoquerait une baisse du Produit Intérieur Brut (PIB) à la fois pour le pays et pour l’Union. Les différentes études montrent que l’économie britannique serait la plus touchée. En effet, son PIB devrait baisser de 12,2% suite au Brexit contre 2,64% pour le PIB de l’UE, soit 5 fois plus.

L’une des études présentées arrive à la conclusion que les régions les plus touchées au Royaume-Uni seraient celles ayant voté en majorité pour le Leave, soit principalement les régions rurales. Au contraire, la région de Londres serait la moins atteinte économiquement par le Brexit alors qu’elle fait partie des régions dont les habitants ont voté majoritairement en faveur du Remain. Même si chaque région britannique, et chaque région de l’UE, serait touchée par le Brexit, certaines régions le seraient donc plus que d’autres ce qui augmenterait les disparités régionales déjà existantes. Les chercheurs s’attendent également à un renforcement des inégalités régionales entre les régions de l’UE, notamment pour celles ayant un fort lien commercial avec le Royaume-Uni.

En dehors de l’impact économique global du Brexit sur les régions, ses effets par secteurs doivent être pris en compte. Ils varieraient d’un secteur à l’autre. Les domaines les plus touchés devraient être l’industrie et l’agriculture ainsi que le secteur primaire dans son ensemble. Au contraire, le domaine de la finance s’en sortirait le mieux. Ces conclusions correspondent à l’analyse géographique de l’impact du Brexit. Le secteur de la finance, concentré dans la région de Londres, devrait moins ressentir les effets du Brexit que les zones rurales. Dans le domaine de l’agriculture, le Pays de Galles, l’Ecosse et l’Irlande du Nord devraient payer le plus lourd tribut de la sortie du pays de l’UE. De plus, la suppression des fonds structurels pour ces régions aura des effets conséquents.

Le secteur tertiaire devrait être lourdement touché. L’économie du Royaume-Uni repose à 70% sur le secteur des services contre une moyenne mondiale de 65%. Les conséquences du Brexit sur ces derniers pourraient alors être catastrophiques. Ces différentes conclusions montrent l’importance d’une analyse par secteur.

Le Brexit toucherait la compétitivité de plusieurs manières. Dans un premier temps, la mise en place de droits de douanes aurait un impact immense. Ensuite, il faut prendre en compte l’effet du Brexit à différents niveaux d’une chaîne de valeur. En effet, certaines étapes de la production se font dans des pays distincts. Par exemple, la production de certaines pièces automobiles requiert de traverser les frontières du Royaume-Uni à trois reprises. Le Brexit aura un impact à la fois sur les personnes travaillant dans les usines de production et sur les vendeurs de voitures. La réinstauration des droits de douanes entraînera aussi des frais dans la production des biens des 27 Etats membres de l’UE nécessitant de passer la frontière britannique.

Le vote pour le Brexit semble avoir été un vote personnel et non économique, lié à un ressenti sans nécessairement de considération sur son impact réel.

Liens vers l’étude de l’université de Birmingham :

https://www.birmingham.ac.uk/schools/business/research/research-projects/city-redi/economic-impacts-of-brexit-on-the-uk.aspx