La Commission européenne a présenté le 11 octobre 2018 la nouvelle version de sa stratégie en faveur d’une bioéconomie durable et circulaire.

La Commission européenne définit la bioéconomie comme couvrant « tous les secteurs et les systèmes qui reposent sur l’exploitation des ressources biologiques (animaux, plantes, micro-organismes et biomasse, dont les déchets organiques) ». La bioéconomie inclut ainsi l’agriculture et l’agroalimentaire, la pêche, la bioénergie et les produits biosourcés, pour un chiffre d’affaires annuel estimé à environ 2000 milliards € à l’échelle de l’UE. Le secteur de la bioéconomie emploie près de 18 millions de personnes à travers l’UE.

Pour soutenir ce secteur à fort potentiel de croissance, notamment dans les zones rurales et côtières, la Commission européenne a mis à jour sa stratégie pour la bioéconomie adoptée en 2012. La stratégie de 2018 repose sur un plan d’actions de 14 mesures qui seront lancées en 2019 et qui s’articulent autour de 3 volets :

1. Développer et renforcer les secteurs « biosourcés »

Pour encourager les investissements privés et le développement de produits et services innovants, une plateforme d’investissement dédiée à la bioéconomie circulaire, dotée de 100 millions €, sera lancée. La Commission compte également faciliter la mise en place de nouvelles bioraffineries dans toute l’Europe ou encore soutenir le développement d’alternatives au plastique issu du pétrole afin de dépolluer les océans.   

 

2. Déployer rapidement la bioéconomie dans toute l’Europe

La Commission encouragera les régions européennes à se doter de programmes régionaux de bioéconomie. Elle s’appuiera sur les outils de financement existants dans le cadre de la PAC<p>Politique agricole commune</p> ou d’Horizon 2020 par exemple. De plus, la Commission lancera 5 actions pilotes dans les domaines suivants : « Bioéconomie bleue » ; la bioéconomie dans les zones rurales comme dans les zones urbaines (10 villes européennes seront soutenues dans leurs efforts pour faire des déchets une ressource pour la production de produits biosourcés) ; les pratiques agricoles bas-carbone et le soutien à la mise en place de living labs pour développer l’innovation dans l’agriculture et l’agroalimentaire.

3. Protéger les écosystèmes et comprendre les limites écologiques de la bioéconomie

Pour faire face aux défis du changement climatique, du grignotage des terres agricoles et de la dégradation des sols, la Commission souhaite améliorer l’état des connaissances et le recueil de données, notamment via un système cohérent de suivi européen des progrès réalisés. Les données et les bonnes pratiques recueillies seront accessibles via le Centre de connaissance européen sur la bioéconomie : https://biobs.jrc.ec.europa.eu/ 

Ces efforts viendront s’ajouter aux 3,85 milliards € que la Commission a déjà mobilisés pour soutenir les activités de recherche, de démonstration et de déploiement de « biosolutions » durables via le programme Horizon 2020. Pour la période 2021-2027, la Commission propose d’allouer 10 milliards € au titre d’Horizon Europe, le programme-cadre européen de recherche et d’innovation pour 2021-2027, au pôle thématique « Alimentation et ressources naturelles » qui comprendra la bioéconomie.

Pour en savoir plus : La stratégie européenne pour la bioéconomie (2018) : https://ec.europa.eu/research/bioeconomy/pdf/ec_bioeconomy_strategy_2018.pdf#view=fit&pagemode=none